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Renseignement : les lettres de l’ancien secrétaire général du Palais national font scandale

mardi 30 octobre 2018 par Charles Sterlin

National -

Le sénateur Évalière Beauplan a exprimé son indignation à la suite de la publication de plusieurs correspondances adressées par l’ancien secrétaire général du Palais national Yves Germain Joseph à l’ancien ministre de l’Économie et des Finances Jude Alix Patrick Salomon et à son successeur Ronald Décembre pour leur demander d’alimenter le poste comptable/pouvoir exécutif pour des dépenses pressantes dans le cadre de services d’intelligence et de police et des frais de déplacement du personnel de sécurité pendant la période estivale. Les demandes du secrétaire aux deux ministres ont totalisé 140 000 000 de gourdes du 13 août au 27 septembre 2018.
« Cela m’étonne de voir des sommes exorbitantes débloquées à l’intention du Palais national à des fins d’intelligence. Je ne savais pas que le Palais national avait un service d’intelligence », s’offusque le sénateur Évalière Beauplan jeudi sur les ondes de Radio Magik9. C’est en principe, le CSPN qui dépend de la Primature et la police nationale qui ont pour responsabilité de coordonner des activités d’intelligence dans le pays, explique-t-il. Il déplore que ces fonds ne soient pas plutôt alloués à la police. Il ajoute que malgré le décaissement de tous ces fonds, le pays demeure faible en matière de sécurité.
« La DCPJ, qui a un pouvoir de contrôle sur tout le territoire en matière criminelle, dispose de 35 000 gourdes par mois pour les renseignements. Cette somme ne lui permet même pas de payer un bon agent local, voire de conduire des activités de surveillance internationale », regrette l’ancien secrétaire d’État à la Sécurité publique Himmler Rébu. L’ex-colonel estime que nous sommes aujourd’hui dans une situation de « nudité absolue » en raison du fait que les moyens permettant de mener des activités de renseignement soient « transférés vers d’autres entités telles le Palais national, la Primature et le ministère de l’Intérieure et des Collectivités territoriales » qui ne sont pas efficaces.
« Ce sont assez souvent des boîtes à commérages qui ne sont pas outillées pour ce genre d’activité », critique-t-il. Une situation qui n’est pas sans conséquence sur la latitude dont disposent les bandits dans l’accomplissement de leurs opérations. « Le premier rôle d’une structure de renseignements est d’anticiper ces actions. Cette dernière, malheureusement, n’a pas cette capacité parce qu’elle n’est pas renseignée. Il éprouve par la suite des gênes à agir puisque ses interventions pourraient causer beaucoup plus de dégâts qu’elles n’apportent de solutions », analyse Himmler Rébu.
Selon une source proche du Palais national, le service de renseignements du Palais national ne date pas d’aujourd’hui. Cela remonte au temps des Duvalier, a-t-elle affirmé.

Danio Darius
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