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L’éternel retour de Silvio Berlusconi

mercredi 18 octobre 2017 par Sterlin Charles

On le disait à l’article de la mort. À quelques mois des élections législatives, le milliardaire fait son énième come-back sur la scène politique italienne.

Malgré les défaites politiques, les condamnations, les maladies et l’âge, il est incontournable, et même carrément indéboulonnable. Il, c’est Silvio Berlusconi (81 ans), ex-président du Conseil italien à trois reprises et inventeur de la télévision poubelle en Italie. Ce qui lui a permis de s’introduire dans des millions de foyers et de séduire un vaste électorat potentiel.
Tombé en 2013 pour fraude fiscale comme Al Capone en 1931, et condamné à quatre ans de prison, une peine ramenée à un an, et à deux ans inéligibilité, le magnat de l’audiovisuel ne peut plus, en principe, se représenter. Car l’adoption, en 2012, d’une loi anticorruption interdit l’exercice des fonctions électives et de gouvernement suite à des condamnations définitives pour certains délits. Pour se débarrasser de ce véritable boulet, le milliardaire a saisi la Grande chambre de la Cour européenne des droits de l’homme au prétexte qu’aucune loi ne peut être rétroactive. Les faits de sa condamnation, a plaidé son avocat, ont été commis avant l’entrée en vigueur de la loi anticorruption. Le verdict est attendu début 2018.
Rempiler à tout prix
Mais au bout du compte, tout cela n’a pas vraiment grande importance pour l’ancien président du Conseil. Son objectif n’est pas de se représenter, mais plutôt d’être là lorsque le prochain gouvernement sera formé, après les législatives de mars 2018. En gros, de rempiler sous n’importe quelle forme. « Il se verrait bien en ministre des Affaires étrangères, peut-être même tout en haut de la pyramide, c’est-à-dire du côté de la présidence du Conseil », confie l’un de ses proches sous le manteau. Si l’on en croit les sondages, la chose est possible.
Son entourage le verrait bien en ministre des Affaires étrangères, peut-être même tout en haut de la pyramide.
Requinqué, d’ailleurs, par la publication des chiffres qui annoncent la possible victoire du centre-droit aux législatives, Silvio Berlusconi a déjà fait son énième come-back sur les plateaux de télévision et dans la presse. Et si le milliardaire a l’air en pleine forme, grâce à un programme de remise en forme ciblé, ses propositions, en revanche, sentent un peu le rance.
Toujours la même recette
Car, pour séduire les électeurs, la recette de l’ancien président du Conseil est identique à celle qui a poussé l’Italie à deux doigts de la faillite en 2011 : moins d’impôts et moins de contrôles. Au chapitre des retraites, il annonce un minimum de 1000 € par mois pour les salariés gagnant moins de 1500 €. Enfin, Silvio Berlusconi relance son vieux projet de devise parallèle à l’euro, qui permettrait à l’Italie de battre monnaie et d’en finir avec la crise comme le font ponctuellement dit-il, les États-Unis, la Chine et le Japon.
Et s’il ne remporte pas la majorité aux législatives, il se retirera de la vie politique, juré promis. « Cela voudra dire que les Italiens sont incapables de juger les gens qui ont fait des choses bien dans leur vie et ceux qui n’ont jamais rien fait », affirme l’ancien président de l’AC Milan. Probablement encore une promesse de Gascon, l’homme étant incapable de survivre à moyen terme loin des feux du pouvoir.


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