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Electricité : « Que ces contrats nous servent de leçon pour les autres à venir ! »

vendredi 27 octobre 2017 par Sterlin Charles

National -

Ces dernières semaines, depuis la promesse du président Jovenel Moïse d’électrifier le pays 24 heures sur 24, la question de la renégociation des contrats passés entre l’État et les producteurs indépendants d’électricité (IPP) fait couler beaucoup d’encre.

Considérés comme « léonins » par plus d’un, ces contrats ont fait l’objet récemment d’une résolution du Sénat de la République, votée à l’unanimité par les élus, exigeant leur renégociation.
Pour le conseiller en énergie de la présidence, le Dr Evenson Calixte, joint par téléphone en début de soirée, l’État peut toujours renégocier les contrats pour évacuer les irritants. Mais, le plus important, selon lui, est que « les leçons tirées de ces contrats nous servent à mieux préparer les contrats que nous aurons à passer pour l’achat d’énergie aux entreprises ».
« Je pense que si on casse les contrats, cela va créer une situation d’insécurité juridique défavorable aux investissements », estime le Dr Calixte, exprimant ainsi son désaccord avec toute idée de cassation des contrats. « C’est mon opinion personnelle et non celle de la présidence », s’empresse-t-il de clarifier.
Et, en homme qui se tourne déjà vers l’avenir, il juge plus intéressant de se pencher sur les nouveaux contrats qui vont voir le jour. « Il va y en avoir », assure Evenson Calixte, précisant au passage que renégociation des contrats, s’il devait y en avoir, concernera seulement ceux de Sogener et d’E-Power puisque celui de Haytrac est arrivé à terme depuis 2014. « Ce n’est un secret pour personne. Dans le cas d’Haytrac, il n’y a pas lieu de parler de renégociation », rappelle-t-il.
Tout en déclinant le chapeau de spécialiste en contrat d’achat d’énergie, le conseiller Calixte tient à communiquer son opinion de citoyen de la manière suivante : « Si on a élaboré un contrat d’achat d’énergie, je pense qu’on peut tirer des leçons de l’expérience pour s’assurer que les contrats qu’on va faire seront mieux négociés ». Ce faisant, prévient-il, l’État doit s’assurer que les gens qui vont négocier en son nom sont compétents et familiers avec l’élaboration des contrats d’achat d’énergie.

Sinon, le risque d’un retour à la case départ est bien réel. Avec à la clé, l’Électricité d’Haïti (EDH) qui se trouve en situation de faillite et représente un tonneau des Danaïdes qui ne cesse d’engloutir des centaines de millions de dollars de subvention chaque année. Et les contrats avec les producteurs indépendants d’électricité (IPP) assez souvent pointés du doigt comme étant responsables de l’énorme manque à gagner de l’entreprise publique devenue suffisamment budgétivore pour les différents gouvernements qui se succèdent.

Patrick Saint-Pré
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