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Le langage de Jean-Bertrand ARISTIDE

lundi 26 septembre 2016

Me Gervais Charles

Certains n’acceptent pas une vérité et la combattent. Bien avant la campagne présidentielle de 1990, un collègue, ambassadeur du Gabon, avec lequel j’entretenais des liens d’amitié, me déclara en puisant dans sa sagesse africaine que le père Jean-Bertrand ARISTIDE serait le prochain président haïtien démocratiquement élu. Je l’ai cru à moitié. La moitié qui voulait y croire, relevait du merveilleux haïtien si imbriqué dans nos vies. Ma logique soulevait cependant d’importantes réticences.

En observant la tournée triomphale qui l’a mené de Cabaret à Croix-des-Bouquets, en passant par Saint-Marc, les Gonaïves, le Cap-Haïtien, Fort-Liberté, Hinche et Mirebalais, je me suis questionné sur l’énigme qu’il représente. Des foules imposantes indiquaient que son message n’était pas vivace seulement dans les quartiers populaires de la capitale mais dans tout le pays.

Des amis ont objecté que plusieurs parmi la foule étaient des curieux qui ne prenaient aucun engagement politique. Ils ont aussi soutenu qu’après tout, il n’était pas candidat à la présidence mais accompagnait la candidate, Maryse Narcisse. N’était –ce pas encore la négation d’une vérité ?

La présence dans toutes ces villes de tant de jeunes parmi la foule et même d’enfants nés bien après sa première élection démontrait que le phénomène Aristide était le sujet du quotidien des conversations de plusieurs familles. La campagne menée avec la candidate à la présidence du parti Fanmi Lavalas, le Dr Maryse Narcisse, est plutôt rassurante. Le parti est structuré, a des cadres compétents et le message véhiculé est pluriel.

Le message est simple. Il enthousiasme ses partisans qui en retirent la certitude d’un avenir meilleur. Par contre, d’autres comprennent les mots mais ne parviennent pas à en saisir le sens véritable. En ces occasions, j’ai souvent pensé à une de nos chansons traditionnelles, popularisée par Martha Jean-Claude. La partie qui explique la comparaison, dit "Lèmap monté chwal mwen, guin moun ka crié". Tous comprennent les mots. Seuls les initiés réalisent qu’il s’agit d’un loa qui prend possession d’un participant pour véhiculer son message.

Ce langage connoté requiert une communication profonde entre l’émetteur et les récepteurs du message. L’allégorie de "bô tab là" qui a inspiré le logo du parti véhicule pareille connotation.

Après maintes batailles pour une démocratie véritable, j’ai compris que le parti Fanmi Lavalas, son leader historique et ses disciples sont les plus aptes à instaurer dans la famille haïtienne l’unité dans la diversité.

Pour pareille révolution, le langage sera encore le véhicule indispensable.

AUTEUR


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