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Les cochons du Parlement

vendredi 30 novembre 2018 par Charles Sterlin

Publié le 2018-11-26 | Le Nouvelliste
National -

Il est un fait au Parlement : ceux qui y entrent, "viennent pour téter et non pour compter les petites bêtes”, voire pour chercher la petite bête. Ici, depuis les plus hauts responsables de bureaux en passant par les cadres jusqu’aux plus simples des employés, l’intérêt se porte, non sur l’espace qui les accueille mais sur le temps qui passe. Car, si les élus sont préoccupés par l’échéance de leur mandat, le petit personnel a bien plus forte raison de se soucier de son contrat dont le renouvellement annuel se fait à coup de stratégies politiques.
Dans cet état de vision axée sur le temps et non sur l’espace, le Parlement est envahi, et est de plus en plus colonisé par des cochons en quête de nourriture et de saleté. En cherchant de quoi manger au Parlement, ces cochons ne sont pas si bêtes, car dans le parking improvisé, par les responsables du Sénat, sur le terrain du ministère de la défense, non loin du sépulcre de l’ancien président du pays Dumarsais Estimé, ils trouvent tous les reliefs des élus.
Combien dépense le parlement aux services traiteurs qui délivrent ces plats ? La question est encore sans réponse mais une chose est sûre, ils n’ont pas pensé a engager une compagnie pour récupérer les ordures qui sont du coup, jetés par le petit personnel, au fond même de ce parking ou le président du Sénat vient garer quotidiennement son gros cylindré avant d’entrer dans son bureau.
Dans cette situation de négligence et de saleté, les pourceaux se régalent et se multiplient. A chaque nouvelle portée, l’espace devient plus sale et plus nauséabond. Les petits marchands autorisés a cuisiner dans l’espace pour apaiser la faim des plus petites bourses sont contraint d’être constamment sous leur garde face à la voracité de ces petits omnivores qui ne se font pas prier pour tenter de se servir eux-mêmes dans ces restaurants de fortune.
En pareille condition, les clients sont exaspérés mais sont bien obligés de se restaurer parmi les pourceaux que le Parlement s’est lui-même attiré en gardant ses fatras dans un coin de son parking non loin du véhicule frappé de la fière plaque portant l’inscription : « Président du Sénat de la République ».

Samuel Celiné
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