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Leçons apprises !

vendredi 23 novembre 2018 par Charles Sterlin

 !

En Janvier 1981, à la faveur de la Victoire de Ronald Reagan sur Jimmy Carter. Le régime de Jean Claude Duvalier avait vu dans cette élection son propre salut. La bamboche démocratique était terminée disait-on dans les milieux Jean Claudistes les plus aguerris.

Le bal était fini, clamaient haut et fort les tontons macoutes. Le temps de la tolérance qui était dûment imposée par Carter envers les associations de jeunes, permettant des balbutiements de la liberté de la presse et la liberté d’expression était révolue.
Ainsi, on remplissait à nouveau Fort Dimanche, on torturait et on pousait à l’exil des Haïtiens et des Haïtiennes par centaine.

Le dictateur était en mode "pi rèd pase ke makak". Pourtant c’est sous la présidence de Ronald Reagan que la dictature des Duvalier s’est écroulée le 7 Février 1986 en Haïti. Première leçon apprise.

Le 7 Février 2004, Jean Bertrand Aristide a mobilisé l’ensemble de ses partisans au Carrefour de l’aéroport. Les chimères Lavalas étaient à l’affût. Port au Prince était contrôlé et barricadé.

Aristide a terminé son discours en évoquant la rosée su un ton menaçant. Je m’en souviens comme si c’était hier : il a dit, je le cite :" Lawoze taye banda toutan solèy poko leve"

Colin Powel, le secrétaire d’État Américain allait réaffirmer le soutien du gouvernement américain au régime Lavalas, quelques heures plus tard. Je le cite :" Nous sommes pour la stabilité en Haïti. Nous n’encourageoans pas un changement de régime".

Quelques jours après , Aristide allait partir pour l’exil en laissant derrière lui ses biens et ses partisans parmi les plus zélés qui, entre temps se sont fait une place et une santé chez les Tèt Kale. Lavalas croyait avoir le pouvoir pour 50 ans. En deux mandats, ils n’ont pas su faire 5 ans.
Deuxième leçon apprise.

J’ai lu la note de l’ambassade américaine et j’ai entendu l’interview de M.Merteen concernant la stabilité en Haïti. Par rapport à ma lecture de l’histoire. Il n’est jamais trop bon quand ce sont des étrangers, surtout des américains qui viennent vous parler de stabilité politique. Il y a anguille sous roche. Et c’est un mauvais signe pour le pouvoir en place.

Il est important de souligner qu’aucun étudiant n’a été assassiné lors des manifestaions à Port au prince par Aristide entre 2001 et 2004. Et que, même au temps de la grande répression entre 1981 et 1985, on a pas eu droit à un tel carnage sous Jean Claude Duvalier.

Dans sa note, l’ ambassade américaine à félicité la police pour son professionalime. Les USA ont dépensé des millions en formation et en renforcement des capacités pour la PNH, depuis sa fondation. Il faut être cohérent. Je ne les blâme pas.

Ensuite, l’ambassade a apporté son soutien à la démocratie et à la stabilité politique en Haïti. Ce qui est interprété naïvement par les partisans du pouvoir comme un soutien au pouvoir en place.
On connaît cette chanson. Ils l’ont fredonne jadis pour Duvalier et pour Aristide, juste avant leur départ.

Et voilà où ça devient intéressant. Ils(les americains) encouragent le gouvernement à prendre des mesures pour combattre la corruption en Haïti. Dans le contexte actuel. La corruption est l’autre nom de la reddition des comptes des fonds du Petro Karibe. Pour des raisons de géopolitiques. Les américains refusent de parler directement du Petro Karibe. Mais la question de la corruption est revenue dans la note de l’ambassade américaine. Je vous laisse trouver la dissonance. Ces Américains ! Ils sont forts.

Regardez la rhétorique :

A : le peuple demande des comptes et dénonce la corruption à travers des manifestations pacifiques.

B:Le pouvoir a envoyé des tireurs d’élites pour assassiner des manifestants qui n’avaient que leurs pancartes et leurs slogans pour se défendre contre des pilleurs de rêves.

C : les Américains demandent à l’Etat Haïtien (B) de traiter la question de la corruption tout en affichant leur soutien à la stabilité du pays.

Je vous laisse deviner le message subliminal.

En ce qui me concerne, Jovenel Moïse ne m’intéresse pas. Ce pouvoir ne m’intéresse pas. Ils ont du sang des innocents sur leur main. Et ils sont prêts à recommencer afin de couvrir le plus grand crime financier de l’histoire de ce pays qui a été commis par leurs amis et alliés. Jovenel Moïse , son premier ministre et toute la bande sont à jeter dans les poubelles de l’histoire.

Par ailleurs, je refuse ce dualisme, cette chaise musicale continue entre le secteur dit démocratique à connotation Lavalas, tout aussi anachronique et le pouvoir en place.

Il nous faut une troisième voie. Elle passera par l’édification de nouvelles institutions et par l’instauration d’une nouvelle république. Et considérant que la plupart des acteurs de la société civile, des medias et des politiques ont grandement bénéficié de la dilapidation des Fonds du Petro Karibe.

Ce procès sera alors un moment de rupture. Cette quête de justice peut se transformer en moment de refondation. C’est pour cette raison qu’il faut garder ce focus. Le procès du PetroKaribe nous amènera inévitablement à l’anéantissement de cet état d’apartheid et d’exclusion. C’est le bon combat. Le seul combat. Les yeux du monde sont braqués sur Haïti et sur sa jeunesse. Le momemtum est bon.

Je termine avec notre question Favorite.

Où est passé l’argent du petro Karibe ?

Richenel Ostine


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