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Le Comité de pilotage des États généraux sectoriels a tenu son premier forum national de consultations

samedi 19 mai 2018 par Charles Sterlin

C’est dans la commune de l’Arcahaie que les membres du Comité de pilotage des États généraux sectoriels de la nation ont lancé, le mercredi 16 mai 2018, le premier grand forum national de consultations, dans un cadre plutôt détenu d’un petit espace reculé au bord de la mer de Bas-Saintar. Plusieurs personnalités de différents secteurs des dix départements du pays ont participé aux échanges.

National -

L’événement s’est déroulé en présence de certains représentants de la présidence, de la Primature, de la mairesse de la cité du Drapeau, Rosemila Petit-Frère, et de certains représentants des collectivités territoriales, etc.

Après avoir déjà rencontré des membres de la presse (à la capitale), des organisations de défense des droits de la femme, des organisations paysannes, des collectivités territoriales, le Comité de pilotage des « États généraux sectoriels de la nation » a voulu s’informer, à sa manière, des revendications, du moins des réalités des gens habitant les villes de province. En effet, pour leur proximité avec la population et la réalité, des journalistes des départements du pays ont été particulièrement invités, aux côtés de certaines personnalités, considérées comme des notables, à ce forum organisé à l’Arcahaie. C’est une manière de s’orienter sur les éléments à aborder lors des prochaines assises dans ces régions du pays, à en croire le vice-président du Comité de pilotage, le Dr Jean-Claude Desgranges.
C’est un peu après 10h que l’un des modérateurs a invité les participants à prendre siège pour démarrer le forum de consultations, comme prévu, pour ensuite céder la place au responsable de l’Initiative de la société civile (ISC), Rony Desroches qui tenait à faire part de son avis sur la tenue de ces États généraux, qu’il considère, d’entrée de jeux, comme une opportunité pour les Haïtiens de vider les contentieux, soulever les problèmes auxquels est confronté le pays. « Il y a trop de conflits entre nous. Trop de zizanies. Trop de divisions », déplore-t-il.
Présente dès l’ouverture de l’activité baptisée « forum national de consultations », la mairesse de la commune de l’Arcahaie, Marie Rosemila Petit-Frère, estime que la tenue de cet événement revêt une importance capitale et laisse présager de grands enjeux. Si le président Jovenel Moïse a jugé bon de procéder au lancement de ces « États généraux sectoriels de la nation », c’est parce qu’il estime qu’il existe des plaies à cicatriser, avance-t-elle. La première citoyenne de la cité du Drapeau espère que la logique de cette initiative n’est l’apanage d’un groupe de gens, mais une occasion de favoriser la mise en commun des différents secteurs. Elle a plus loin recommandé le rejet de toutes les formes de vengeance politique. Il ne doit pas y avoir de confiscations, affirme la mairesse qui invite les acteurs à chasser tout orgueil, en créant plus d’harmonie.
Les États généraux sectoriels de la nation constituent, pour le Dr Jean-Claude Desgranges, une « circonstance historique et unique » pour les citoyens de discuter des intérêts de la nation, au-delà des multiples divergences. « Trop de fois nous avons laissé passer des occasions qui devraient nous mettre ensemble pour le bien-être de cette nation. Trop de fois, nous laissons la méfiance prendre le dessus dans les relations que nous développons en tant qu’Haïtiens ». Voilà une manière pour le vice-président du Comité de pilotage, le Dr Jean Claude Desgranges, d’exprimer ses préoccupations lors de la tenue de ce forum de consultations auquel a été remarqué l’ancien Premier ministre Evans Paul qui n’a pas pris la parole.
Contrairement aux détracteurs qui associent la tenue de ces « États généraux sectoriels de la nation » à une perte de temps et de gaspillage d’argent, le secrétaire exécutif du Comité de pilotage, Louis Naud Pierre, croit que ces derniers passent à côté de la réalité. « C’est plutôt une manière de permettre à la société de faire un retour sur elle-même », estime-t-il . Certes, plusieurs plans d’actions ont été élaborés par des experts concernant les options techniques à adopter pour développer plusieurs secteurs dans le pays. Mais il manque « un niveau de conscience », qu’il considère comme un élément fondamental de la part de chaque acteur pour aider le pays à aller de l’avant. Les États généraux sectoriels de la nation est, indique-t-il, « un processus d’éveil de consciences, de responsabilité et d’engagement citoyens, tout en faisant les choses autrement ».
Le champ d’action du Comité de pilotage des États généraux s’articule sur cinq phases, d’après l’ancienne ministre Marie Mimose Félix, intervenant au forum. Après la première phase de consultations devant permettre d’avoir une vue globale des problèmes, viendra une phase préparatoire, où les acteurs de toutes les couches sociales du pays devront être sensibilisés à la nécessité de tenir ces États généraux, considérés comme un espace de dialogue social autour des intérêts de la nation. Se tiendront, après, les « assises départementales » pour élaborer un diagnostic qui devra favoriser la tenue du « forum national » avec des délégués de tous les départements, pour accoucher du « pacte des États généraux » à remettre au président de la République, Jovenel Moïse.

Désorganisation ou contrainte du temps ?
Les membres du comité n’ont pas été présentés convenablement comme prévu au public. Peu de temps ont été consacrés aux différents secteurs invités au forum de consultations. Certaines personnalités, dont des journalistes, de province, pouvaient à peine étaler les problèmes liés à leurs régions respectives, puisqu’il y avait « contrainte de temps » évoquée à maintes reprises par les organisateurs. Des questions ont été soulevées. Des réserves ont été émises quant aux attentes de ces assisses. Peu de réponses ont été apportées. Faute du temps ou d’organisation.
A voir le déroulement de ce premier forum, il fallait que les participants comprennent plutôt la logique des états généraux, plus que de pouvoir tout mettre sur le tapis. En fin d’événement, la parole a été accordée au professeur Amary Joseph Noel, porte-parole du comité de pilotage, qui entendait faire un survol historique pour faire comprendre aux haitiens les causes de l’état de la situation du pays,necessitant ces assises. La diaspora haitienne a eu droit également à une intervention, avec Eugénia Romain,qui soulignait l’importance de l’initiative, à l’instar du juriste René Julien, qui devait dresser un diagnostic global de la situation du pays. Ce n’est qu’à la fin que le président de la fédération nationale des ASEC, Julio Adam, a pris la parole, en saluant la sagesse du président Jovenel Moise pour avoir lancé ces états généraux appuyé par ladite fédération.
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Worlgenson Noël
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