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Les appels du pape François pour la Syrie et la Terre sainte

dimanche 1er avril 2018 par Charles Sterlin

Dimanche, lors de sa bénédiction Urbi et Orbi, le souverain pontife a réclamé la fin de « l’extermination » en Syrie et appelé à « la réconciliation » en Terre sainte. Vendredi à Gaza, des soldats israéliens ont tué au moins 16 Palestiniens lors d’une manifestation.

Sitôt la grande messe du dimanche matin de Pâques, célébrée sur une place Saint-Pierre magnifiquement fleurie comme chaque année par les horticulteurs hollandais qui ont métamorphosé l’espace avec 50.000 fleurs coupées, le pape François a prononcé la fameuse bénédiction Urbi et Orbi, à la ville de Rome et au monde entier. Avant de procéder à cette bénédiction proprement dite qui honore la résurrection du Christ fêtée à Pâques, le pape a évoqué, comme il le fait aussi à Noël, plusieurs situations difficiles dans le monde sur lesquelles il a imploré la paix.

Priorité des priorités en ce printemps 2018, la Syrie où le pape François a dénoncé une « extermination », un mot d’une lourde gravité qu’il a rarement utilisé, appelant « au droit humanitaire » d’urgence. « Nous demandons aujourd’hui des fruits de paix pour le monde entier, à commencer par la bien-aimée et tourmentée Syrie, dont la population est épuisée par une guerre qui ne voit pas de fin. En cette fête de Pâques, que la lumière du Christ Ressuscité éclaire les consciences de tous les responsables politiques et militaires, afin que soit mis un terme immédiatement à l’extermination en cours, que soit respecté le droit humanitaire et qu’il soit pourvu à faciliter l’accès aux aides dont ces frères et soeurs ont un urgent besoin, assurant en même temps des conditions convenables pour le retour de tous ceux qui ont été dispersés. »
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Passant ensuite à « la Terre Sainte, blessée encore ces jours-ci par des conflits ouverts qui n’épargnent pas les personnes sans défense » le pape a prié pour que des « fruits de réconciliation » arrivent très vite. L’une des clés, dans son esprit est « le dialogue et le respect réciproque » qui doivent prévaloir sur « les divisions et la violence ». Un appel qui vaut pour « tout le Moyen Orient », et pour le « Yemen » en particulier, avec ce commentaire, en défense des chrétiens persécutés : « Puissent nos frères en Christ, qui souvent subissent brimades et persécutions, être des témoins lumineux du Ressuscité et de la victoire du bien sur le mal. ».
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Le pape est ensuite passé à l’Afrique, un « continent tourmentées par la faim, par des conflits endémiques et par le terrorisme. Que la paix du Ressuscité guérisse les blessures au Sud Soudan et dans la République Démocratique du Congo tourmentée : qu’elle ouvre les coeurs au dialogue et à la compréhension réciproque. N’oublions pas les victimes de ces conflits, surtout les enfants ! Que ne manque pas la solidarité pour les nombreuses personnes contraintes à abandonner leurs terres et privées du minimum nécessaire pour vivre. »

Abordant ensuite l’Asie, le pape a « imploré » des « fruits de dialogue pour la péninsule coréenne » afin que « les entretiens en cours promeuvent l’harmonie et la pacification de la région ». Il a demandé que ceux qui ont « des responsabilités directes agissent avec sagesse et discernement pour promouvoir le bien du peuple coréen et construire des relations de confiance au sein de la communauté internationale ». Demande similaire pour l’Ukraine, où il a demandé des « fruits de paix » afin que « se renforcent les pas en faveur de la concorde et soient facilitées les initiatives humanitaires dont la population a besoin ».
La résurrection du Christ, véritable espérance du monde
Enfin, l’Amérique latine. Avec une insistance particulière dans la voix, le pape François très inquiet de la dérive en cours au Venezuela a lancé en conclusion de son message Urbi et Orbi : « Appelons des fruits de consolation pour le peuple vénézuélien, qui - comme l’ont écrit ses pasteurs - vit dans une espèce de « terre étrangère » dans son propre pays. Puisse-t-il, par la force de la Résurrection du Seigneur Jésus, trouver le chemin juste, pacifique et humain pour sortir au plus vite de la crise politique et humanitaire qui le tenaille, et que, accueil et assistance ne manquent pas à tous ceux de ses enfants qui sont contraints d’abandonner leur patrie. »
Avant de donner sa bénédiction et de souhaiter, très détendu, un « bon appétit » à la foule très nombreuse et très internationale, le pape a aussi évoqué la cause des enfants victimes des guerres et de la faim : « Que le Christ Ressuscité apporte des fruits de vie nouvelle aux enfants qui, à cause des guerres et de la faim, grandissent sans espérance, privés d’éducation et d’assistance sanitaire ». Sans oublier non plus les personnes âgées, dont il parle souvent, demandant de l’attention pour « les aînés mis à l’écart par la culture égoïste, qui met de côté celui qui n’est pas « productif ».
Le pape a conclu ces appels plus généraux par ceux qui ont « des responsabilités politiques » pour qu’ils « respectent toujours la dignité humaine » tout en travaillant « au bien commun » et « au développement et à la sécurité à leurs propres citoyens ».
En introduisant ce message de Pâques 2018, le pape François avait noté : « Nous chrétiens, nous croyons et nous savons que la résurrection du Christ est la véritable espérance du monde, celle qui ne déçoit pas » et qui « renouvelle vraiment le monde » marqué par « tant d’injustices et de violences ». Reprenant l’un de ses thème favoris, l’exclusion, le pape avait affirmé que « l’espérance de Pâques » porte aussi des « fruits de dignité » là où « il y a de la misère et de l’exclusion, là où il y a la faim et où manque le travail, au milieu des personnes déplacées et des réfugiés - tant de fois rejetés par la culture actuelle du rebut -, aux victimes du narcotrafic, de la traite des personnes et des esclavages de notre temps. »

Jean-Marie Guénois
Journaliste - Sa biographie


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