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Lettre ouverte à Monseigneur Louis Kébreau

dimanche 1er avril 2018 par Charles Sterlin

Monseigneur Louis Kébreau, Président du Comité de pilotage des États généraux sectoriels.
Monseigneur,
Monsieur le Président,
Je viens d’apprendre par voie de presse que « le président de la République a créé et installé le mercredi 30 mars au Palais national le comité de pilotage et d’organisation des états généraux sectoriels de la nation. »

National -

N’ayant pas été sollicité formellement de joindre ce comité et ne sachant à qui je mérite l’honneur d’être désigné pour en devenir membre, je prends la liberté de vous adresser cette lettre ouverte pour la mise au point suivante.
1- Je note, tel que rapporté par les médias, que la création de cette instance résulte d’« un long processus de consultation et de dialogue en vue de recueillir les avis des uns et des autres avant d’arriver à la mise en place du comité de pilotage et d’organisation des états généraux sectoriels de la nation. » Dans mon cas, il n’en a pas été ainsi. Je n’ai donc pas eu l’occasion de prendre connaissance ni de la définition du concept de ces états généraux sectoriels, ni du mandat du comité de pilotage, ni des conditions de travail de ses
2- Comme tout Haïtien concerné j’ai été alerté par ce projet de la présidence auquel j’ai accordé un grand intérêt conformément à mes convictions et à mes démarches citoyennes exprimées dans mes engagements collectifs et mes prises de position sur certaines grandes questions d’intérêt national durant ces trente dernières années. Je réfère en particulier à ma participation à plusieurs commissions présidentielles en 2004, 2005 et 2009, à mes prestations de consultant et de conférencier et à mes activités de journaliste. J’ai cru et je crois encore à la concertation nationale comme une ardente obligation ainsi que je l’ai analysée dans un article publié dans Le Matin du 7 octobre 2005 sous le titre "États généraux, Contrat social, Pacte national, Appel à la conscience nationale : même combat".
3- Actuellement j’œuvre dans trois champs de travail intellectuel et citoyen en tant que membre du comité scientifique de la Chaire Louis-Joseph-Janvier sur le constitutionnalisme en Haïti (Université Quisqueya), consultant depuis un an auprès de la Commission spéciale de la Chambre des députés sur la réforme constitutionnelle et membre associé du mouvement Trase yon lot chimen pou Ayiti coordonné par Jacky Lumarque. J’éprouve une vive satisfaction à contribuer à la publication des travaux de ces organisations, dont les conférences et les Cahiers de la Chaire et le Rapport d’étape (2017-2018) de la Commission de la Cambre des députés.
4- Je rends compte de tout cela sans aucune prétention individualiste, mais pour souligner que je ne vois aucune incompatibilité entre de telles initiatives au sein de la société civile et l’intention affirmée de ces branches du pouvoir d’État d’appeler "l’ensemble de la collectivité à repenser le cadre de notre existence collective et de faire émerger de leurs discussions un nouveau modèle qui doit inspirer le Pacte pour la stabilité et le progrès économique et social."
5- Je note enfin que le journaliste rapportant les propos de Monsieur Jovenel Moïse souligne que le Président estime qu’il nous faut non seulement faire autre chose, mais qu’il nous faut surtout le faire autrement. Pour ma part, j’exprime mon étonnement de n’avoir pas été consulté avant d’être désigné membre du comité de pilotage. Ce qui ne m’empêchera pas de suivre attentivement les activités de ce comité auquel je souhaite pleine réussite dans sa mission.
Veuillez agréer, Monseigneur, Monsieur le Président du Comité de pilotage, l’expression de mes meilleures considérations.

Claude Moïse Historian, auteur
Auteur


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